Pour pouvoir correctement comprendre les tenants et aboutissants d'une licence, il est toujours intéressant de connaître le contexte de sa création et de son évolution. Donc un peu à la manière de la mise en perspective d'une oeuvre avec la biographie de son auteur, vous trouverez ci-dessous les éditeurs qui ont façonné la licence au cours des 22 dernières années.

Les origines de Mutant Chronicles remontent à 1984 lorsqu'un éditeur de jeu suédois, Äventyrsspel, crée le jeu "Mutant". Cette première incarnation de la licence empruntait à un autre jeu de l'époque Gamma World édité par TSR. Sa réalisation sera confiée à Michael Peterzen. Mutant était un jeu qui se déroulait dans la scandinavie des années 2500 et après quelque pandémie, l'humanité a perdu tout ce qui peut être appellée la vie moderne. Quelques personnes et animaux ont mutés dans de dangereuses zones irradiées. Ici et là de la technologie moderne pouvait encore être trouvée. Les armes étaient usuellement des armes à poudre ou de mêlée. Les armes modernes pouvaient encore être trouvées mais elles restaient un luxe.

En 1989, l'éditeur sort Mutant 2 qui était une extension à Mutant. Les joueurs prirent l'habitude de l'appeller "Nouveau Mutant" pour faire la différence entre les deux. Désormais, la Terre fut détruite par les guerres et la pollution nucléaire. La population devait se réfugier dans les méga-cités pour se protéger des vastes zones désolées. Les mutants existaient encore. Cette seconde édition était plus sombre et servira de point de départ à la révision à Mutant Rymd. A noter qu'une autre licence sera développée à la même époque par Michael Peterzen et sa femme Gunilla Jonsson : Kult, qui servira de point de départ aux Légions Obscures quelques années plus tard.

A la fin des années 80, la société Aventysspel sera absorbé par la holding suédoise Target. L'éditeur deviendra la branche jeu de la nouvelle entité et sera rebaptisée fort logiquement Target Games. En 1991, la société se voit proposer un partenariat avec Pressman Toy pour développer une gamme de jeu pour prendre de vitesse Games Workshop sur le marché américain avec le jeu Space Crusaders. Cette gamme de jeu aboutira deux ans plus tard par la sortie de trois jeux de plateau Siege of the Citadel, Fury of the Clasmen et Blood Berets. Target Games essaiera de développer un jeu de rôle correspondant à cette gamme : Mutant Rymd. Cette nouvelle incarnation aura une existence aussi brève que sa conception sera bâclée. Dans ce jeu, cinq corporations font leur apparition mais avec un niveau technologique relativement proche de Warhammer 40.000 (arme à énergie, canon neutronique, etc). A noter que le nombre de corporations a été contraint par le nombre de joueurs pouvant participer à Siege of the Citadel (chaque joueur pouvant incarner une faction différente). Le jeu Blood Berets connaîtra plusieurs changement de règles tardifs qui feront qu'il ne connaîtra jamais le même succès que ses frères.

Finalement, en 1993, une nouvelle mouture de Mutant Rymd verra le jour. Cette nouvelle version, baptisée Mutant Chronicles sera dérivée directement de Mutant Rymd avec un correctif au niveau des règles qu'au niveau du background pour bien marquer sa différence avec Warhammer 40.000. Le niveau technologique sera abaissée malgré le fait que la gamme de figurines accompagnant le jeu de rôle mentionnera plusieurs armes high-tech. Cette nouvelle édition sera la première à sortir en plusieurs langues (jusque là les produits étaient édités uniquement en suédois). Un partenariat pour la distribution du jeu de rôle en langue anglaise et des figurines sera réalisé avec la société Heartbreaker qui deviendra plus années plus tard une filiale de Target Games (cette société a été fondée par Bob Watts, un transfuge de Games Workshop au Etats Unis).

En 1994, plusieurs lignes de produits verront le jour comme les comics Golgotha, la trilogie Lord of Insanity ou encore un jeu vidéo décliné sur plusieurs plate-formes. En 1995, le jeu de combat tactique avec figurines Warzone sera édité avec des figurine 30 mm. Son univers reprendra mot pour mot celui de Mutant Chronicles et aura comme ambition de concurrencer Warhammer 40.000 édité par Games Workshop. Les années suivantes un jeu de cartes à collectionner Doom Trooper et différents suppléments pour le jeu de rôle seront édités reprenant tous pour cadre l'univers de Mutant Chronicles développé en 1993. Un projet de film sera même étudié entre 1995 et 1997 par Pressman Films, mais abandonné à la suite d'un différent sur le budget avec le réalisateur John Carpenter.

En 1997, Warzone passera devant Games Workshop sur le marché U.S. et Doom Trooper talonnera Magic dans les autres parties du monde avec une traduction en plus de 20 langues. Mais après le succès mitigé du supplément Dark Eden pour Warzone, Target Games va recentrer ses lignes de produit autour de quelques licences. Les jeux de rôle Mutant Chronicles et Kult bénéficieront d'une deuxième édition qui sera anecdotique. Une bonne partie de l'activité de Target Games est recentrée sur le jeu de de figurine avec l'établissement d'un studio à Edimburg en Ecosse et une fonderie à Dublin (une deuxième gamme de figurines verra le jour : Chronopia dans la genre héroic-fantasy). La ligne de produit Doom Trooper et Mutant Chronicles sera stoppée à cette époque. Un département jeux vidéo sera crée qui deviendra quelques années plus tard Paradox Entertainment.

En 1998, la seconde édition de Warzone naquit pour règler certaines problèmes et éviter les options de bourinnage. Target Games fait de nouvelles règles qui se distinguent de Mutant Chronicles, tout en étendant les possibilités. Le niveau des fusillades changea quelque peu. Les nouvelle figurines au format 28 mm sont plus détaillées et sont différenciées en cas d'armement spéciaux. Dans l'ensemble, cette nouvelle mouture fut bien accueillie exception faite des changement apportés au background. Le niveau technologique du jeu est légérement réorienté vers le genre steampunk tout en gardant tout les éléments de Mutant Chronicles. Au lieu d'utiliser des intelligences artificielles par exemple, Cybertronic recours à l'utilisation de tissus cérébraux humains comme matériel de base. Cette seconde édition sera fauchée en pleine croissance fin 1999 alors que Target Games est soumise à une procédure de mise en faillite (équivalent du chapitre 11 aux Etats Unis). Début 2000, la maison mère Target se transforme en holding centére sur les nouvelles technologies de la communication, quelques mois avant l'effondrement de la bulle internet en mars 2000. La holding suédoise ne se relèvera pas de cette erreur stratégique.

Durant l'année 2000 sortira la filiale jeu vidéo de Target Games qui sera baptisé Paradox Entertainment. Cette société acquéra les droits sur Heavy Gear, Mutant Chronicles et Kult par un échange de dettes. Elle cherchera pendant un an des repreneurs pour ces licences. Du côté du personnel de Target Games, le studio en Ecosse sera dissout et ses employés créront la société qui éditera les jeux Void et Urban War. Heartbreaker se portera candidate pour la reprise de Warzone mais sera finalement emportée dans la tourmente de Target Games. Début 2001, Paradox Entertainement annonce la session de ces licences d'exploitation à trois éditeurs différents : Dream Pod 9 par Heavy Gear, Kult par 7ème Cercle et Warzone par Excelsior Entertainement. Paradox Entertainment est toujours le détenteur des droits mais n'exploite plus directement ses licences préférent investir exclusivement dans les jeux vidéos. A noter que le président de Target Games, Fredrick Malmberg deviendra le CEO de Paradox Entertainment.

En 2001, Paradox Entertainment développera un jeu vidéo basé sur Warzone (avec une déclinaison multi-joueur PC et une version on-line pour la Xbox). Ce projet sera abandonné au printemps 2002. Un nouveau projet de MMORG sur la licence Mutant Chronicles sera confiée à Imagination, une société basée à Dubaï. Ce nouveau projet sera lui aussi abandonné en 2004 faute de distributeur.

De 2001 à fin 2005, les licences Warzone et Chronopia seront exploitée par la société Excelsior Entertainement basée à Philadelphie. Cette société d'une demi-douzaine de personnes travaillant à mi-temps se consacrera à la reprise des anciennes figurines de Target Games et à une nouvelle édition de Chronopia et Warzone. Ces projets seront annoncés à la GENCON de 2001. En février 2002, Excelsior communique maladroitement sur ses projets, faisant miroiter un planning trop ambitieux. Après plusieurs reports Chronopia sortira en 2003 et Ultimate Warzone sera finalement édité en mai 2004. Mais le constat est accablant, Excelsior n'a sorti sur la période qu'une poignée de nouvelles figurines et deux publications de qualité médiocre. Les licences d'exploitation qui prennent fin en décembre 2005 ne seront pas renouvelée.

En 2005, Paradox Entertainment va bénéficier d'un nouvel élan avec l'arrivée de Peter Sederowsky à la tête de la société (avec dans son attaché-caisse les licences de Robert E. Howard, le créateur de Conan le Barbare). Dés lors l'activité jeux vidéo sera déléguée à une filiale de Paradox Entertainement : Paradox Interactiv. Le siège de la société sera transféré de Stokholm à Los Angeles où les droits des licences vont être négocié avec les entreprises cinématographiques. En été 2005, les droits d'adaptation de Conan et Mutant Chronicles sont cédés. Pressman Films produira cette nouvelle adaptation de Mutant Chronicles, 10 ans après le premier projet. Avec le non renouvellement de la licence à Excelsior Entertainment fin 2005, la licence Mutant Chronicles va faire l'objet de plusieurs projets. En mars 2006, la société Fantasy Flight Games annonce la sortie en avril 2007 de Mutant Chronicles CMG. En septembre 2006, la société COG games annonce la sortie courant 2007 de Mutant Chronicles RPG. Dark Horse est aussi partenaire avec un projet de comics basé sur le film qui devrait sortir en 2007. Toutes ses licences ont en commun la confirmation de la réorientation de la licence vers un niveau technologique de niveau steampunk.

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